Créer son entreprise : le guide complet

Auteur : 

Sylvain DUBREUIL

 | 

Mis à jour le 

15 juillet 2026
Créer son entreprise

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Chaque année, plus de 1 million d’entreprises sont créées en France. Que vous rêviez de vous installer en tant qu’auto-entrepreneur ou d’ouvrir une société, créer une entreprise est une expérience à la fois excitante et stressante.

Par où commencer ? Quelles démarches suivre ? Quelle forme juridique choisir ? Que vous soyez un créateur d’entreprise ou un professionnel de l’accompagnement, vous trouverez dans ce guide des conseils pratiques pour réussir votre projet.

De l’idée initiale aux démarches d’immatriculation, découvrez les 6 étapes incontournables de la création d’entreprise.

Etape 1 : Préparer le projet

Toute projet de création d’entreprise démarre par une idée. Elle peut naître d’une expérience professionnelle vécue, d’un besoin client non satisfait ou d’une opportunité observée sur le marché. Mais avant d’aller plus loin, une question essentielle s’impose : votre idée répond-elle à un besoin ?  

Valider son idée

Un marché n’existe que si une offre rencontre une demande. Si les consommateurs ne perçoivent pas clairement l’intérêt de votre produit ou service, votre offre aura du mal à trouver sa place. 

Pour vérifier que votre idée est exploitable :

  • Analysez les besoins réels : observez les frustrations, les problèmes non résolus, les tendances émergentes et les nouvelles attentes des clients.
  • Observez la concurrence : repérez les manques ou les faiblesses des offres existantes, puis cherchez comment proposer une solution plus simple, plus rapide ou plus efficace.
  • Interrogez vos clients potentiels : utilisez des questionnaires ou des entretiens pour valider les besoins et les freins à l’achat.
  • Testez votre offre en conditions réelles : actions de prospection, demandes de devis, pré-commandes pour mesurer l’intérêt.

💡 Conseil pratique : Vérifiez que votre idée ne fait pas l’objet d’une protection intellectuelle existante (marque, brevet, logo). Consultez les bases de données de l’INPI pour éviter les mauvaises surprises.

Faire le point sur sa situation personnelle

Devenir entrepreneur(e) impacte profondément votre vie personnelle et celle de votre entourage. Pour tenir dans la durée, il est essentiel d’évaluer votre capacité à maintenir un équilibre entre vos ambitions professionnelles et vos contraintes personnelles.

Les bonnes questions à se poser :

  • Quelles compétences dois-je acquérir pour devenir entrepreneur (techniques, commerciales, financières) ?
  • Combien de temps puis-je réellement consacrer à mon entreprise chaque semaine ?
  • Quelles obligations familiales ou personnelles dois-je prendre en compte ?
  • Suis-je prêt à accepter des sacrifices temporaires dans ma vie personnelle ?
  • Puis-je compter sur le soutien de mon entourage ?
  • Ai-je des économies ou une solution de secours pour financer les premiers mois ?
  • Suis-je en bonne santé physique et mentale pour assumer le stress et les imprévus ?

Etape 2 : Réaliser une étude de marché

Vous lancez votre produit, vous y avez investi du temps et de l’argent… et personne n’en veut. C’est le scénario catastrophe que redoutent tous les entrepreneurs. Pourtant, il peut être évité grâce à une étude de marché réalisée en amont.

Pourquoi faire une étude de marché ?

Pour une petite structure, l’étude de marché est souvent perçue comme une contrainte ou une perte de temps. Pourtant, se lancer sans avoir une bonne connaissance de son marché, c’est comme naviguer sans boussole. Près de 7 entrepreneurs sur 10 échouent parce qu’ils n’ont pas évalué correctement leur environnement, leurs clients ou leurs concurrents.

Réaliser une étude de marché permet de vérifier la faisabilité commerciale de votre idée, de réduire les risques d’échec et d’orienter vos décisions stratégiques.

Une bonne étude de marché doit répondre à trois questions :

  1.  Quelle est la taille du marché et sa dynamique ? (le « gâteau » à partager)
  2.  Qui sont vos clients potentiels ? (votre part du gâteau)
  3.  Qui sont vos concurrents et comment vous démarquer ? (ceux avec qui vous partagez le gâteau)

💡 Conseil pratique : De nombreuses ressources gratuites sont accessibles en ligne, et l’intelligence artificielle est particulièrement efficace pour collecter des informations (ChatGPT, Perplexity, Claude, Le Chat…). Par contre, prenez toujours le temps de vérifier la fiabilité des sources.

Comment faire une étude de marché ?

Même si une étude approfondie n’est pas toujours nécessaire, il est indispensable de s’interroger sur les 4 composantes de votre marché :

  1. Le marché
  2. La demande (clients)
  3. L’offre et les concurrents
  4. L’environnement (facteurs externes qui l’influence)

À l’issue de ce travail exploratoire, nous vous conseillons de synthétiser vos résultats dans une matrice SWOT. Vous obtenez une vision claire des opportunités, des menaces et des leviers de différenciation possibles. Cela vous permettra de définir plus facilement votre positionnement et d’élaborer une stratégie commerciale efficace.

📌 Téléchargez notre modèle gratuit de SWOT

Le modèle économique

À partir des conclusions de votre étude de marché, le modèle économique (ou business model) synthétise sur une seule page comment votre entreprise créera de la valeur et générera des revenus.

📌Téléchargez notre modèle gratuit de Business Model Canvas

Le plan d’action commercial (PAC)

Le plan d’action commercial liste les actions concrètes à mettre en œuvre pour atteindre vos objectifs commerciaux. Il sert de feuille de route pour les équipes commerciales, marketing et parfois opérationnelles. Il précise qui fait quoi, quand et comment.

Si vos ressources sont limitées, privilégiez les canaux gratuits ou peu coûteux (réseaux sociaux, SEO) avant d’investir dans des actions plus onéreuses (comme les salons professionnels par exemple).

📌 Téléchargez notre modèle gratuit de  Plan d’action commercial

Etape 3 : Choisir la forme juridique

Choisir sa forme juridique est souvent l’une des premières questions que se pose un entrepreneur. Sachez qu’il n’existe pas de statut « idéal », il y a simplement une structure adaptée à la situation du moment. Vous pourrez changer à tout moment si vos besoins évoluent.

Les principales formes juridiques sont les suivantes :

  • Auto entreprise (ou micro entreprise) – La plus populaire, 65 % des entreprises créées en 2024 (source : Bpifrance)
  • Entreprise individuelle
  • SARL (ou EURL en solo)
  • SAS (ou SASU en solo)

[Illustration répartition formes juridiques]

Mais laquelle choisir entre la micro ou l’entreprise individuelle ? une SARL ou une SAS ?

Vous choisirez selon plusieurs critères :

  • la nature de l’activité (attention, certaines professions sont réglementées)
  • le nombre d’associés
  • la couverture sociale souhaitée : TNS (Travailleur Non Salarié) ou assimilé salarié
  • le régime fiscal : l’impôt sur le revenu (IR) ou l’impôt sur les sociétés (IS)
  • le besoin de financement de l’entreprise

📌 Pour en savoir plus, consultez notre guide complet : Choisir un statut juridique

Etape 4 : Le Business Plan

Le Business Plan est un support de communication qui présente de manière claire et synthétique votre projet d’entreprise. Il a pour principal objectif de convaincre vos futurs partenaires de vous suivre dans votre projet.

Il se compose de deux parties :

  • Une partie rédactionnelle qui représente environ 70 % du document. Elle décrit votre projet de façon attractive, un peu comme une brochure commerciale qui donne envie de découvrir votre produit ou service.
  • Un prévisionnel financier qui démontre la viabilité économique de votre projet. Elle inclut des tableaux financiers comme le chiffre d’affaires prévisionnel, le compte de résultat prévisionnel, le bilan prévisionnel, les sources de financement et le budget de trésorerie. Cette partie rassure vos futurs partenaires sur la santé financière de l’entreprise avant de s’engager à vos côtés. Le prévisionnel s’établit sur 3 ou 5 ans.

Il n’est pas toujours nécessaire de rédiger une présentation ultra détaillé, vous aurez l’occasion de développer certains points à l’oral, lors d’un entretien avec votre banquier par exemple. 

Des outils comme Business Plan Editor peuvent vous guider dans la rédaction de votre dossier de présentation et votre prévisionnel financier, et ce même sans compétences en comptabilité.

📌  Pour aller plus loin, consultez notre guide complet : Comment faire un business plan ?

Etape 5 : Chercher un financement

Dans le cadre de la création d’une entreprise, le financement est souvent le nerf de la guerre. Certains projets, avec peu d’investissements de départ, peu de charges et des risques limités, peuvent se lancer sans avoir recours à des fonds externes. Toutefois, dans la majorité des cas, un financement sera nécessaire pour acquérir du matériel professionnel, un véhicule, un fonds de commerce, un stock ou pour sécuriser la trésorerie de départ.

La recherche de financement est souvent source de stress pour les entrepreneurs. Par crainte de s’endetter, beaucoup autofinancent leurs investissements de départ avec leur épargne personnelle. Un réflexe courant, mais risqué. Pourtant, un prêt professionnel est généralement plus court (en moyenne 7 ans) et porte sur des montants plus raisonnables qu’un prêt immobilier par exemple. Préservez votre épargne pour les imprévus et considérez l’emprunt comme un investissement pour le développement de votre activité.

Lister vos besoins

Avant de rencontrer un financeur, il est indispensable de recenser vos besoins et de les formaliser dans un plan de financement . Ce document, structuré en deux colonnes, présente d’un côté les investissements de départ et, de l’autre, les ressources mobilisables pour les financer. Il doit impérativement être équilibré. Si les ressources ne couvrent pas les besoins, cela signifie simplement qu’un financement complémentaire sera nécessaire.

Les sources de financements 

Financer un projet repose sur une combinaison de solutions de financement :

  • L’apport personnel (ou fonds propres).
  • Le prêt d’honneur
  • Le prêt bancaire
  • Le crédit bail (ou leasing)
  • Les subventions d’investissement
  • Les investisseurs privés
  • Le financement participatif (ou crowdfunding)
  • Le microcrédit

📌 Pour aller plus loin, consultez notre article : Comment compléter un plan de financement ?

Etape 6 : L’immatriculation de l’entreprise

L’immatriculation formalise l’existence juridique de votre projet. Les formalités se font aujourd’hui en ligne sur le site du Guichet Unique (Portail e-procédures de l’Inpi). 

Déclarer une auto entreprise

Créer une auto-entreprise est simple et rapide. L’immatriculation est gratuite lorsque la demande est réalisée en ligne sur le site officiel de l’Inpi (portail e-procédures). Certains justificatifs seront demandés comme votre carte d’identité ou un justificatif de domicile. 

Une fois le formulaire envoyé, vous recevrez votre numéro SIRET sous 15 jours maximum.

Pensez à faire une demande d’Acre auprès de l’Urssaf (L’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise) en joignant un le justificatif de création d’activité. Le formulaire est disponible sur le site de l’Urssaf. Vous pourrez ainsi bénéficier d’un taux réduit de vos cotisations sociales de 50% la première année.

Enfin, ouvrez un compte bancaire dédié uniquement à votre activité d’indépendant. Un compte bancaire professionnel n’est pas obligatoire mais recommandé. Pour l’ouverture d’un compte bancaire professionnel, la banque vous demandera généralement un avis de situation SIRENE, document qui confirme votre immatriculation et mentionne votre numéro SIRET.

📌 Pour en savoir plus, consultez notre guide complet : Devenir auto entrepreneur

Déclarer une société

Avant de procéder aux formalités d’immatriculation, un certain nombre de démarches préalables doivent être réalisées. 

Finaliser le choix de la forme juridique

Auto entreprise ou entreprise individuelle ? SARL ou SAS ? Si un doute subsiste, il est recommandé de consulter un avocat ou un expert-comptable avant de déposer votre dossier. Leur accompagnement représente un coût, mais peut vous éviter des erreurs bien plus coûteuses. Ils peuvent également prendre en charge les formalités obligatoires, comme la rédaction des statuts et procéder aux démarches en ligne. Ces frais de création peuvent être intégrés à votre plan de financement et être financés.

Choisir la dénomination sociale

En société, il vous faudra attribuer un nom à votre entreprise. Cette dénomination sociale sera inscrite dans les statuts et sera l’identification officielle de votre structure. Vous pourrez la modifier si nécessaire, à condition de procéder à une mise à jour des statuts.

Vous pouvez utiliser :

  • le nom du fondateur ou d’un associé (ex : EURL PIERRE DURAND)
  • un nom en lien avec votre profession (ex : SARL CAFÉ DE LA GARE)
  • Un nom totalement inventé (ex : SAS B2S)

💡 Conseil pratique  : Une société devient propriétaire de sa dénomination sociale dès son immatriculation. Avant de déposer votre dossier, assurez-vous que le nom est disponible auprès de l’INPI et, si possible, protégez-le en le déposant comme marque.

Pour une entreprise individuelle (ou une micro entreprise), il n’existe pas de dénomination sociale, cette notion étant réservée aux sociétés commerciales ou civiles. L’entreprise est identifiée par le nom et prénom du travailleur indépendant, suivis de la mention « Entreprise individuelle » ou « EI ». Le travailleur indépendant peut choisir un nom commercial distinct afin que son entreprise soit facilement reconnaissable par ses clients (ex. : La Boutique de Julie – EI Julie Dubois).

Nommer un dirigeant

Le dirigeant est chargé de la gestion quotidienne de l’entreprise, de sa représentation légale et de la prise des décisions stratégiques. Il est nommé soit dans les statuts de la société, soit par une décision des associés (procès-verbal d’assemblée générale ou acte séparé). Le dirigeant peut être un associé ou une personne extérieure, et ce n’est pas obligatoirement celui qui détient le plus de parts ou d’actions.

Ses responsabilités couvrent la gestion administrative, financière et juridique de l’entreprise, ainsi que le respect des obligations légales et fiscales. Il engage la société vis-à-vis des tiers, comme les fournisseurs, clients ou banques, et veille au bon fonctionnement et à la pérennité de l’entreprise.

Domicilier la société

La dénomination sociale c’est l’adresse du siège de l’entreprise. Elle figure sur tous les documents commerciaux de l’entreprise : devis, factures, contrats, CGV, mentions légales, etc.

Il existe différentes options pour sa domiciliation :

  • au domicile personnel du dirigeant (résidence principale). L’entrepreneur individuel peut demander que son adresse personnelle ne soit pas rendue publique.
  • dans un local à usage professionnel (ou un espace de coworking)
  • auprès d’une société de domiciliation
  • dans une pépinière d’entreprises

Choisir une date de clôture comptable

Le choix de la date de clôture a dû se faire en théorie au moment de la préparation du prévisionnel financier. En règle générale, un exercice comptable dure 12 mois. Toutefois, lors de la première année d’activité, sa durée peut varier entre moins de 12 mois jusqu’à un maximum de 24 mois, sans pouvoir dépasser deux fois la date du 31 décembre. Par exemple, si une entreprise est immatriculée en juin, son premier exercice comptable peut s’étendre jusqu’à 18 mois, soit 6 mois jusqu’au 31 décembre de l’année en cours, puis 12 mois supplémentaires jusqu’au 31 décembre de l’année suivante.

Votre expert-comptable recommandera souvent de choisir une date de clôture décalée (31 mars, 30 juin ou 30 septembre). En dehors de la « période fiscale » (janvier à mi-mai), il sera plus disponible pour vous accompagner et traiter vos comptes en toute sérénité.

Constituer et déposer le capital social

Le capital social d’une société représente l’ensemble des apports effectués par les associés lors de la création de l’entreprise. Ces apports peuvent être en numéraire (argent) ou en nature (biens matériels ou immatériels). Le montant du capital doit obligatoirement figurer dans les statuts et dans tous les documents officiels de la société (extrait Kbis, registres, etc.).

La répartition du capital définit le nombre de parts sociales (pour les SARL, EURL) ou d’actions (pour les SAS) détenues par chaque associé ou actionnaire. Cette répartition influence directement :

  • la part de propriété de chaque associé dans l’entreprise,
  • les droits de vote en assemblée générale, généralement proportionnels aux apports,
  • les droits aux dividendes , en cas de distribution des bénéfices.

En pratique, la répartition se fait proportionnellement au montant des apports de chaque associé, sauf disposition contraire prévue dans les statuts.

Les étapes du dépôt du capital social :

  1. Ouverture d’un compte bancaire professionnel au nom de la société en formation.
  2. Dépôt des fonds (apports en numéraire) sur ce compte. Un projet de statuts est nécessaire. La banque délivre ensuite une attestation de dépôt de capital, qui certifie la réalité des apports.
  3. Blocage temporaire du capital : Les fonds restent bloqués sur le compte le temps que les démarches d’immatriculation soient effectuées au greffe du tribunal de commerce.
  4. Libération du capital : Une fois le Kbis reçu (qui atteste de l’existence de la société), la banque débloque automatiquement le capital, rendant les fonds disponibles pour l’entreprise.

Etablir les statuts de la société

Les statuts fixent les règles d’organisation, de fonctionnement, les droits et obligations des associés, ainsi que les modalités de prise de décision. La rédaction peut être réalisée par les associés eux-mêmes ou déléguée à un professionnel du droit, comme un avocat ou un expert-comptable, pour assurer la conformité légale.

Après signature, les statuts doivent être déposés au greffe et publiés dans un journal d’annonces légales.

Les formalités d’immatriculation

Depuis le 1 er janvier 2023, toutes les formalités administratives d’une entreprise se font en ligne sur le portail e-prodédures de l’Inpi (le « guichet unique »). Vous pouvez déclarer l’entreprise vous-même, ou déléguer ces formalités à un expert-comptable, avocat ou à un formaliste.

Les éléments seront ensuite transmis aux organismes compétents :

  • L’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques), qui attribue le SIRET et le code NAF (ou code APE).
  • Les organismes sociaux, comme l’URSSAF ou la MSA.
  • La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) qui délivre votre numéro de TVA intracommunautaire.
  • Le greffe du tribunal de commerce
  • La chambre consulaire : la CCI pour les commerçants, la CMA pour les artisans et la Chambre d’Agriculture pour les agriculteurs.

FAQ

Quel est le seuil de chiffre d’affaires pour un auto entrepreneur ?

Le régime spécial de la micro-entreprise s’applique tant que vos revenus annuels (année civile) ne dépassent pas
certains seuils. 

  • Activité commerciale : 188 700 €
  • Activité de prestation de services : 77 700 €

Si vous dépassez les seuils de la micro-entreprise pendant deux années consécutives, vous passez au régime fiscal du réel simplifié.

Est-il obligatoire d’avoir un compte bancaire professionnel pour une auto-entreprise ?

L’ouverture d’un compte bancaire professionnel n’est pas obligatoire, sauf si votre chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 €. Dans ce cas, la loi impose un compte professionnel dédié, distinct de votre compte personnel.

Même en dessous de ce seuil, nous vous conseillons d’opter pour un compte professionnel. Votre interlocuteur bancaire sera un conseiller pro, dont le métier est de conseiller les entrepreneurs.

En quoi consiste l’ACRE ?

L’ ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) est une aide de l’Urssaf destinée aux entrepreneurs qui créent ou reprennent une entreprise. C’est une e xonération partielle des cotisations pendant la première année.

Pour bénéficier de l’ACRE, vous devez être en début d’activité et ne pas avoir bénéficié de cette aide dans les 3 années précédentes. 

Quel est le capital minimum pour créer une entreprise ?

Pour la plupart des formes juridiques (EURL, SARL, SAS, SASU, sociétés civiles), aucun montant minimum n’est requis pour le capital social. Cependant, un capital trop faible peut affaiblir à la crédibilité de l’entreprise auprès des banques, des fournisseurs ou des partenaires.

D’un point de vue comptable , un capital insuffisant expose l’entreprise à un déséquilibre financier. Si des pertes surviennent dès la première année, ses capitaux propres peuvent rapidement devenir négatifs. À l’inverse, si l’entreprise génère des bénéfices, ceux-ci viendront renforcer les capitaux propres, améliorant ainsi sa solidité financière.

D’un point de vue juridique , en cas de capitaux propres négatifs et de cessation de paiements (incapacité à honorer ses dettes), le tribunal de commerce peut prononcer une liquidation judiciaire.

Comment se répartir les parts entre associés ?

La répartition des parts sociales entre les associés s’effectue en proportion de leurs apports en capital (apports en numéraire et apports en nature). Par exemple, dans une société avec deux associés, le capital pourrait être réparti à parts égales : 50 % pour chacun.

Cependant, une répartition 50/50 n’est généralement pas recommandée. Chaque associé disposant du même nombre de droits de vote, l’unanimité est souvent nécessaire pour prendre des décisions importantes : approbation des comptes, distribution des dividendes ou changements stratégiques. En cas de désaccord, la société peut se retrouver paralysée, freinant son fonctionnement et son développement.

Pour éviter ce risque, il est préconisé d’opter pour une répartition légèrement inégale (par exemple 51/49) afin de garantir une majorité claire. Une autre option est d’intégrer un troisième associé pour rompre l’égalité et faciliter la prise de décisions.

Le capital social peut-il être utilisé ?

Une fois que la société est officiellement immatriculée (réception du Kbis), la banque débloque le capital social déposé sur le compte professionnel. La banque demande généralement une copie du Kbis ou de l’extrait d’immatriculation pour libérer les fonds.

Une fois débloqué, le capital social peut être utilisé pour :

  • Financer les premiers investissements (achat de matériel, stock, locaux, etc.).
  • Couvrir les frais de démarrage (salaires, loyer, marketing, etc.).
  • Assurer la trésorerie de l’entreprise en phase de lancement.

Quel est l’intérêt d’un pacte d’associés ?

Le pacte d’associés est un document facultatif mais il est fortement recommandé.

Les statuts définissent les règles de fonctionnement générales de la société, valables pour tous et déposées légalement. Ils sont rendus publics et accessibles à tous. Le pacte d’associés quant lui définit les règles de fonctionnement propres aux relations entre les associés . Ce document est confidentiel. On peut le comparer à un contrat de mariage car il fixe des règles claires entre associés pour prévenir les conflits.

Le pacte d’associés complète les statuts. Il encadre :

  • les modalités d’entrée et de sortie des associés
  • les règles de gestion et de gouvernance
  • les clauses de protection
  • les conditions de répartition des bénéfices
  • les règles en cas de conflit ou de rupture du pacte

Il est recommandé de se pencher sur un pacte d’associés dès la création de la société, quand tout va bien entre les associés. Le pacte peut aussi être établi ultérieurement, notamment lors de l’arrivée de nouveaux investisseurs ou associés, ou lors d’une levée de fonds. Nous vous conseillons de vous rapprocher d’un avocat spécialisé en droit des société ou d’un notaire pour la rédaction d’un pacte d’associés. Pensez également à en parler à votre expert comptable pour s’assurer que le pacte est compatible avec les obligations comptables et fiscales de la société.

Le gérant d’une société est-il celui qui possède le plus de parts (ou d’actions) ?

Pas nécessairement. Dans une société, le gérant (ou le dirigeant) n’est pas automatiquement celui qui possède le plus de parts ou d’actions.
Le gérant est nommé par les associés. Il peut être un associé majoritaire, minoritaire, égalitaire ou même une personne extérieure à la société. La détention de parts ne détermine pas automatiquement la nomination du gérant, mais influence généralement son pouvoir de décision.

Quelle de clôture choisir ?

En France, les entreprises peuvent clore leur exercice comptable à n’importe quelle date de l’année. Pourtant, 70 % d’entre elles choisissent le 31 décembre , ce qui crée un pic d’activité pour les cabinets comptables entre janvier et mi-mai (la fameuse « période fiscale »). Les délais de traitement s’allongent et les experts-comptables sont moins disponibles.

Si votre activité le permet, optez pour une date de clôture décalée au 31 mars, 30 juin ou 30 septembre . Privilégiez une période creuse d’activité, en dehors des fêtes de fin d’année par exemple, pendant laquelle vous serez plus disponible pour gérer vos obligations administratives et comptables.

Quels sont les documents pour créer une société ?

Pour créer une société en France, plusieurs documents doivent être fournis :

  • Statuts de la société signés par tous les associés.
  • Attestation de dépôt du capital social
  • Évaluation des apports en nature
  • Liste des dirigeants et pièces d’identité.
  • Déclaration sur l’honneur de non-condamnation pour chaque dirigeant.
  • Justificatif de domiciliation de la société (bail commercial, contrat de domiciliation, titre de propriété).
  • Formulaire M0 dûment rempli et signé (déclaration de création d’une société).
  • Publication d’un avis de constitution dans un journal d’annonces légales.

Chaque année, plus de 1 million d’entreprises sont créées en France. Que vous rêviez de vous installer en tant qu’auto-entrepreneur ou d’ouvrir une société, créer une entreprise est une expérience à la fois excitante et stressante.

Par où commencer ? Quelles démarches suivre ? Quelle forme juridique choisir ? Que vous soyez un créateur d’entreprise ou un professionnel de l’accompagnement, vous trouverez dans ce guide des conseils pratiques pour réussir votre projet.

De l’idée initiale aux démarches d’immatriculation, découvrez les 6 étapes incontournables de la création d’entreprise.

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